Issoufou de qui par Boulevard Voltaire

Issoufou de qui ? – Boulevard Voltaire

Interview édifiante et propos de bon aloi, entre un journaliste et l’ineffable  président du Niger, Mahamadou Issoufou, invité lui aussi à la COP 21.

Donc le Niger voudrait bien, mais le Niger est en difficulté. Pourquoi ? Devinez ? Parce que le pays est pauvre ! Et les difficultés économiques sont aussi la faute de la corruption. Alors Mahamadou explique : pour associer aussi le Niger et les pays d’Afrique à la lutte contre le réchauffement, il faudra des sous. Beaucoup ! 150 milliards au-delà de 2020. Et attention, pas du CFA, de la vraie monnaie ! Message reçu 5/5 par François Hollande, ami de longue date de Mahamadou, car membre lui aussi de la grande famille socialiste.  
Le journaliste se gardera soigneusement de la seule bonne question : Pourquoi encore des pauvres au Niger ? Pays où le niveau estimé des réserves de pétrole est de plus de un milliard  de barils, de 16 milliards de m3 en gaz, et qui possède  8 % des réserves mondiales d’uranium exploitées  par des filiales de la société française Areva et par une filiale de la société chinoise CNNC. 
Même situation pour le Nigeria, pays voisin, encore plus pauvre, mais encore plus riche et pourtant doté de réserves pétrolières plus importantes, de l’ordre de 35 milliards de barils. Cela n’empêche pas son négociateur, Jare Adejuwon, dans une interview à Libération, de déclarer lui aussi attendre de la COP 21, des engagements financiers ! Bref, il serait bon que l’Occident donne encore un coup de main !  
Creusons un peu ces besoins de finances :  
A trois mois de l’élection présidentielle, l’opposition propose la mise en accusation  de Mahamadou Issoufou, pour haute trahison, accusé  « d’avoir bradé les ressources naturelles du pays », en lien avec Areva, qui toujours soucieuse de bien remercier, a fait un geste de 35 millions d’euros, dont un montant laissé très flou, mais destiné directement à Mahamadou pour l’achat de son nouvel avion. Sympa, non ?  Et sans rapport avec le fait que Mahamadou soit un ancien cadre de la SOMAIR, filiale d’Areva. 
Bon. Mais avant ? Le président était alors Mamadou Tandja. N’ayant pu obtenir ce qu’il voulait, il menace de se rebeller. Devenu du coup encombrant pour la junte militaire il est emprisonné en 2011 pour… corruption.(sic !) et quatre milliards de francs CFA  détournés.  

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