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Pour mener victorieusement ces luttes contre la pauvreté, le chômage et l’insécurité, le futur Président du Niger devra conduire tout au long de son mandat une politique cohérente concernant tous les aspects de la vie économique et sociale. Cette politique s’appuiera sur un projet de société, c’est-à-dire une vision à long terme de l’avenir du pays et sur un ensemble de programmes bien articulés entre eux, qui permettront de transformer cette vision en réalité de demain, que le peuple approuvera à travers l’élection de février prochain.

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Amadou Boubacar Cissé discours Programme pour le Niger                      ABC keynote speech

 

Ce projet de société sera partagé avec vous au fur et à mesure du déroulement de notre campagne et enrichi à chaque étape, si nécessaire, de vos commentaires.

Vous trouverez ci-dessous notre vision sur ces trois enjeux ainsi que les trois lignes directrices de notre projet.

Premier enjeu : la lutte contre la pauvreté

La pauvreté est un mal qui gangrène de longue date une large partie de notre population. Certaines de ses causes comme la rigueur de notre environnement ou le poids des traditions désormais inadaptées à notre monde moderne, sont extérieures. Mais la plupart des facteurs qui expliquent la persistance de cette situation résultent directement du manque de volonté politique de combattre ce fléau. La modicité des revenus des agriculteurs et des conditions de vie des populations rurales, les faiblesses de notre système éducatif et de formation professionnelle, la faiblesse de notre croissance économique et la répartition équitable de ses fruits, les larges failles de notre politique d’urbanisation, l’importance croissante du chômage déguisé, la faible valeur ajoutée de nombreuses activités sont quelques unes de nos carences majeures.

Les résultats de cette mauvaise gestion sont là. En 2015, le Niger reste encore l’un des pays les plus pauvres du monde. Malgré des litanies de discours et des promesses alléchantes jamais tenues, la pauvreté absolue touche aujourd’hui un nigérien sur deux selon les Nations-Unies.

Les Objectifs du Millénaire n’ont été atteints que très modestement par le Niger.

Cette anomalie est d’autant plus choquante que la situation s’est sensiblement améliorée dans la plupart des pays de notre Union Monétaire et que nos atouts économiques se sont renforcés sur les cinq dernières années. La raison de cet échec est simple : malgré les affirmations apaisantes, le combat contre la pauvreté et pour l’inclusion de tous dans le développement n’a pas été concrètement au cœur de toutes les actions menées, ni une composante essentielle de tous nos programmes d’investissement. Les paroles n’ont pas conduit aux mesures nécessaires, qui exigeaient à la fois vision à long terme et ténacité dans l’action.

 

Deuxième enjeu : la lutte contre le chômage

Le constat est encore plus dramatique pour l’accès à l’emploi. Notre évolution démographique conduira à un triplement de notre population en une génération, soit plus de 50 millions d’habitants en 2050 et son corollaire l’arrivée massive de jeunes sur le marché du travail, accentuant le chômage et le sous-emploi déjà bien réels. Le mouvement continu d’exode rural demeure préoccupant, poussant vers les villes, une population sans formation et sans ressource, s’amassant dans les quartiers défavorisés. Cette analyse est dramatiquement absente des discours politiques alors qu’elle devrait être d’autant plus présente que, si rien n’est fait , la prolongation des tendances actuelles sera aussi synonyme d’accroissement de la pauvreté pour beaucoup de catégories vulnérables. La création maximale d’emplois et la lutte contre le chômage, à court comme à moyen terme, sont donc obligatoirement des points centraux de la stratégie à mener. Celle-ci implique l’utilisation massive de plusieurs canaux : celui de la stimulation, sous toutes formes possibles, d’activités les plus génératrices d’emplois, allant de l’industrie aux services ; celui de la formation d’une main d’œuvre plus qualifiée, mieux adaptée aux offres du marché et plus capable d’améliorer la compétitivité de nos entreprises ; celui de l’encouragement de l’entrepreneuriat individuel qui peut répondre à de nombreux besoins et multiplier les approches innovantes. En tous ces domaines, il y a urgence absolue.

  • Urgence pour répondre aux exigences légitimes d’une jeunesse qui cherche désespérément des perspectives d’avenir et qui ne trouve que le néant.
  • Urgence pour offrir du travail et une rémunération décente à ceux qui se sentent trompés au sortir de l’école, du lycée ou de l’université, en voyant l’insuffisance de leur formation et leur incapacité à nourrir leur famille.
  • Urgence pour ceux qui ont déserté les campagnes en espérant une vie meilleure et voient leurs illusions s’écrouler.

 

Troisième enjeu : la lutte contre l’insécurité

Ces drames débouchent sur la troisième peur majeure : celle de l’insécurité. Celle-ci prend diverses formes. La plus immédiate est bien sûr l’insécurité physique et la menace croissante du terrorisme qui pèse sur le pays et sur chacun de nous. Sur ce point, des actions courageuses ont été menées dans les dernières années, qui doivent être saluées. Mais il faut aller beaucoup plus loin dans le renforcement de nos forces armées et de notre protection de l’ensemble du territoire, dans la coordination régionale, et même l’intégration de notre lutte contre les bandes de terroristes qui sévissent dans le Sahel, dans le recours aux forces internationales pour nous appuyer dans le présent et former nos propres troupes pour le futur. C’est une obligation de long terme dont le succès conditionne celui de nos actions de développement économique en même temps qu’elle les impose. Toutefois, l’insécurité est aussi économique avec la pauvreté et le chômage, comme nous l’avons souligné ci-dessus. Elle est encore administrative car notre fonction publique ne fonctionne pas jusqu’ici comme chacun l’attend et en a besoin. Faute de moyens sans doute, mais surtout faute de sens du service public pour beaucoup de fonctionnaires, notre administration souffre terriblement de lenteur, d’inefficacité et de transparence. Elle n’est pas un appui ou une protection pour l’individu ou l’entreprise, contrairement à ce qu’elle devrait être, mais un fardeau. Qu’il s’agisse de la justice, des impôts, des opérations foncières, la loi est souvent bafouée. Faute de remplir ses devoirs, l’Etat se trouve ainsi décrédibilisé et souffre d’une grande méfiance de la part des citoyens. Il perd son autorité alors qu’il en a spécialement besoin pour gérer avec succès tous les défis qui lui sont posés.

La première est l’approche de rassemblement et d’union pour cette élection. Celle-ci reflète notre profonde conviction que l’ampleur des défis que nous avons à relever et l’importance des obstacles à franchir pour en triompher nécessite une mise en commun de toutes les énergies, toutes les intelligences et toutes les volontés de ceux qui sont convaincus que le Niger peut sortir des cercles vicieux où il est enfermé depuis longtemps. Nous ne ferons donc preuve d’aucun sectarisme et nous sommes prêts à recevoir comme compagnons de route, ceux qui partageront le goût de l’action plutôt que du bavardage et du laxisme, le sens du devoir plutôt que celui du privilège, le respect de la solidarité et de l’inclusion plutôt que celui du laissez-faire des inégalités, le choix de la récompense du mérite et de la sanction des fautes commises, la volonté de progrès contre celle d’immobilisme et de protection de droits acquis injustifiés. Nos ennemis seront les laxistes, les égoïstes. Nos détracteurs ne pourront être que ceux qui renoncent à se battre. Nos amis et nos alliés seront ceux qui croient que le Niger peut avoir un destin meilleur dès lors que ses dirigeants œuvrent bien pour tous et que toutes ses filles et tous ses fils se donnent la main pour atteindre cette rive nouvelle. C’est notre idée de la démocratie et de la responsabilité que doivent assumer ceux qui gouvernent, sans parti pris, sans exclusion, en gardant une proximité de chaque jour avec toutes les couches sociales et toutes les émanations de la société civile. C’est à ce seul prix que nous garderons conscience des aspirations du plus grand nombre et que nous préserverons la volonté de les réaliser dans les meilleurs délais. Cela ne voudra pas dire une politique au gré du vent, mouvante et sans volontarisme. Au contraire, il nous faudra une capacité à faire comprendre et partager nos ambitions essentielles et les efforts indispensables pour les réaliser. Mais cela veut dire une concertation permanente et élargie pour que les orientations retenues gagnent en représentativité et donc en force.

 

Deuxième ligne directrice  : Notre développement économique qui s’appuie sur trois orientations stratégiques.

  1. La construction d’une  croissance forte, saine et durable

C’est une nécessité pour transformer le pays rapidement et en profondeur et répondre à la dynamique démographique qui se prolongera durant les prochaines décennies. Pour réussir, le Niger doit s’appuyer sur ses atouts actuels et en mobiliser d’autres.

Le traditionnel point fort du pays est le secteur minier. Longtemps centré sur la production d’uranium, celui-ci s’est heureusement récemment diversifié, avec le démarrage de la production pétrolière, et compte encore de nombreuses richesses à exploiter, pour lesquels les partenaires potentiels sont nombreux et les retombées significatives en termes d’emplois.

Le secteur des infrastructures peut être un deuxième moteur d’une croissance soutenue. L’accent est porté depuis longtemps sur l’expansion du réseau mais pas assez de son entretien. Une optimisation des investissements dans ce secteur est encore nécessaire Mais le secteur énergétique est devenu une urgence absolue et la priorité est à donner aux projets hydroélectriques et-surtout, solaires, pour lesquels le Niger présente un grand avantage comparatif. Ce secteur est en outre en lui-même générateur de progrès potentiels en de nombreux domaines.

 

Les autres moyens de renforcer la croissance nationale sont au contraire pour l’essentiel à construire :

  • celui d’un secteur primaire puissant, moderne et efficient en premier lieu. Le Niger possède les ressources naturelles et les hommes. Il lui faut mettre en place les moyens financiers, de formation et techniques pour exploiter ses atouts et disposer d’un secteur suffisamment productif et compétitif pour garantir sa sécurité alimentaire et soutenir sa croissance ;
  • celui d’un secteur de la construction en mesure de répondre aux besoins nés de l’expansion démographique et de l’urbanisation, visant également la construction pour tous de logements décents ;
  • celui de l’industrie, de l’artisanat et du tourisme, qui sont les secteurs apportant le plus d’emplois qualifiés et qui pourront transformer en profondeur l’appareil économique national et assurer la pérennité de la croissance.

Pour faciliter ces évolutions, l’Etat aura à améliorer constamment et rapidement l’environnement dans lequel travaillent les entreprises et à soutenir les initiatives privées concourant à la croissance et au renforcement des structures économique productives. Le fonctionnement efficace de l’administration, la pertinence de la fiscalité, l’amélioration de l’appareil judiciaire seront ici des éléments clés

 

  1.    Faire naitre une société plus juste et solidaire.

Quatre principaux leviers d’action pourraient être utilisés. Ils viseront à la fois à apporter le soubassement nécessaire à une croissance forte et durable, d’une part, et à donner à la population des progrès notables dans ses conditions de vie, d’autre part.

  • Le renforcement de l’enseignement général et professionnel est l’élément prioritaire. Cette action doit avoir des objectifs tant quantitatifs que qualitatifs. Elle permettra à la fois l’élévation du niveau moyen de formation des jeunes et des adultes et une meilleure capacité des demandeurs d’emploi à répondre aux offres de travail des entreprises.
  • La consolidation du système de santé et de protection sociale. Elle doit porter en même temps sur les équipements disponibles, sur l’accroissement des personnels de santé et de leur compétence, sur la meilleure prise en charge par l’Etat de certaines dépenses. L’attention portée aux catégories les plus vulnérables et aux parties du territoire les plus isolées, et notamment les campagnes, sera décisive pour favoriser la réalité du « vivre ensemble ».
  • Le développement d’une politique efficace d’aménagement du territoire. Il doit viser d’abord la garantie de la sécurité de tous en chaque partie du pays. Il lui faut intégrer également la création de pôles régionaux de développement, capables de freiner l’exode rural, de promouvoir ainsi un meilleur équilibre au sein du pays et de mieux maîtriser l’urbanisation, surtout dans la capitale. Il faut enfin en conséquence donne aux structures locales les moyens financiers pour assumer les missions qui leur sont confiées.
  • L’affinement et la diversification des instruments d’une politique distributive. C’est une composante décisive de la stratégie de solidarité et d’inclusion que défend notre projet de société et qui peut s’exercer en particulier par la fiscalité, la subvention et la coopération avec des organismes privés.

 

  1. Renforcer l’intégration du Niger dans la région et le monde, dans le respect des valeurs nationales

La priorité de cet axe est la participation plus active du Niger à la construction régionale. Celle-ci doit se traduire par une forte présence du pays dans les structures régionales en place et une position volontariste au sein de celles-ci, par une application diligente au niveau national des décisions régionales et par l’encouragement de projets régionaux, notamment dans les infrastructures. Outre ses avantages économiques, cette coopération régionale est aussi le seul moyen de résister efficacement aux dangers terroristes qui nous menacent et de les terrasser définitivement.

La meilleure intégration du Niger dans le reste du monde. De nombreuses nations et organisations internationales et régionales sont prêtes à faire confiance au Niger et à lui apporter d’importants soutiens financiers et techniques si le pays donne les preuves de sa volonté à faire du développement économique une priorité absolue et profitable à tous. Nous devons tout mettre en œuvre pour bénéficier de ce capital de sympathie, notamment pour la mutation structurelle de notre administration et de notre économie. Par ailleurs, une intégration plus poussée de celle-ci dans le commerce mondial devrait générer de nouvelles perspectives d’activité et de croissance.

Cette évolution ne remet pas en cause une soigneuse préservation de l’identité nationale qui s’appuiera sur la richesse de notre histoire, la qualité de nos traditions et de notre culture, la crédibilité de nos élites traditionnelles.

Comme vous l’avez vu, notre projet de société constitue une véritable rupture par rapport aux politiques suivies jusqu’ici dans notre pays.

 

Troisième ligne directrice : Confiance à notre jeunesse

Cette rupture nous ramène irrémédiablement à la jeunesse et au rôle clé qu’elle doit jouer dans la mise en œuvre de ce projet. Elle seule réunit en effet toutes les qualités qui sont les mieux à même d’assurer notre réussite.

 

Ce sont d’abord les jeunes qui sont les plus concernés par l’avenir puisque leur vie commence et que nos décisions forgeront totalement toute leur vie professionnelle, sociale, familiale : ils seront donc les plus motivés par la définition précise et fiable du cadre institutionnel, économique et social dans lequel ils vivront. C’est la jeunesse qui saura le mieux se dégager de l’empreinte d’un passé jonché d’échecs ou de demi-succès, de peurs et de compromissions dont ils ne sont que les victimes. C’est la jeunesse qui est le mieux informée des changements de ce monde et des nouvelles possibilités techniques qu’il nous offre autant que des nouveaux comportements qu’il nous impose.. C’est son dynamisme qui nous est nécessaire pour faire face aux efforts, aux changements, aux travaux herculéens indispensables pour briser les cercles vicieux dans lesquels nous sommes enfermés et qui briment notre développement. Ce sont les qualités de cette jeunesse qui s’inscrivent le mieux dans les idéaux que nous voulons défendre et faire triompher : celui de la justice qui prévaut pour tous, celui du mérite qui doit être récompensé car c’est lui qui garantit l’atteinte du but, celui de la solidarité et du partage qui établiront des garde-fous contre des inégalités excessives et amèneront enfin cette inclusion de tous dans le progrès. Ce sont les jeunes, nés dans le monde de la communication et dans l’ère digitale, qui pousseront notre pays à oser affronter les mutations qui font peur aux anciens mais hors desquelles le Niger resterait isolé et perdant. C’est de leur esprit critique que nous avons besoin pour nous remettre en question et pour pousser assez loin les réflexions sur tous les sujets jusqu’à trouver les solutions les mieux adaptées. C’est leur exigence qui amènera nos services publics à redresser la tête et à prendre à cœur leur devoir de servir sans faille tous les citoyens sans exception. C’est leur fierté qui donnera au Niger la volonté et la force de se battre contre tous les ennemis de l’extérieur et de l’intérieur et de se dresser contre tous les totalitarismes.

 

Voila pourquoi nous lançons cet appel à la jeunesse pour qu’elle s’associe pleinement à notre projet. Ce n’est pas un effet de mode. Ce n’est pas seulement une demande pour qu’elle vote massivement et exprime sa voix lors des prochaines élections. Ce n’est pas non plus le signe d’un renoncement de la part des générations plus anciennes et d’un abandon des responsabilités de celles-ci : l’expérience des ainés est aussi quelque chose d’irremplaçable qui permet d’éviter les pièges et les erreurs et de s’appuyer sur les leçons de l’Histoire pour mieux façonner le futur. Non. Il s’agit seulement, pour la première fois, d’inviter les jeunes à participer significativement, à côté de leurs ainés, à l’exercice du pouvoir. Ainsi, dans le mandat qui sera donné au Président, celui-ci pourra s’appuyer également sur les représentants de cette jeunesse longtemps écartée, spectateur auparavant silencieux et résigné d’une politique qui faisait fi de ses besoins et de ses espoirs. Cette alliance des générations sera aussi une illustration du grand rassemblement que nous voulons réaliser.